Je me hais.
Comme je comprends les gens qui se suicident. C’est pas beau à écrire mais impossible à dire alors comme cela ne sera pas lu…
Je comprends le vertige qui peut prendre les gens devant la vacuité de leur vie, devant le gâchis, devant la vanité de leur vie. Comme je l’ai devant la mienne. Déjà quinze ans à craindre qu’il me quitte. Quinze ans gâchés. Quinze ans à rafistoler mon cœur avec des bouts de ficelle, à me ronger de l’intérieur tout en sauvant les apparences, à mourir à petit feu de l’intérieur. mes cendres vont bientôt se disperser autour de ce qui a été moi. la peine des autres m’est égal, à présent, et ce n’est pas très bon signe.
Je tiens encore un peu mais putain, qu’est-ce-que je fatigue !

Tomber la neige

septembre 16, 2009

Grosse fatigue de vivre. Une claque dans la gueule il y a deux jours : il compte sur moi pour prendre en charge la marche de la maison car je rapporte moins d’argent que lui. Une claque, je dis. Je ne le pensais pas aussi basiquement macho. Paraît-il que je devrais m’estimer heureuse qu’il ne se colle pas dans le canapé avec un journal en rentrant du boulot ! Je REVE ?!

Le fait est que je ne manie pas la rhétorique avec autant de talent que lui et que son horreur à reconnaître ses torts lui fait jouer de mauvaise foi avec un brio exceptionnel.

Autant je suis d’accord (ai-je le choix?) pour tout prendre en charge quand il n’est pas là, autant je ne suis pas d’accord pour faire de même quand il est là. Et puis pas question non plus de ne lui laisser que les choses qu’il aime faire. Le malheur vient du fait que nos goûts et dégoûts ne se complètent pas forcément. Que fait-on on est deux à ne pas aimer faire une chose? C’est forcément moi qui m’y colle, semble-t-il, sous prétexte que c’est toi le mâle dominant qui chasse pour la famille?

Pas d’accord.

Je me suis fendillée de partout ce matin quand tu es parti sans répondre à ma question. Je me suis cassée en mille morceaux que je vois tournoyer autour de moi comme de la neige avant de former un petit tas blanc. J’en ai tellement marrre…

Trop moi

novembre 24, 2008

J’ai faim. Il est 11h39. Mais je ne mangerai pas. Je crée ce document pour conjurer mon envie de manger. Je vais décortiquer ce qui se passe en moi quand je voudrais manger pour éviter de le faire. Je ne sais généralement pas les lire. Je vais peut-être le mettre sur mon blog. Je baille fort, aussi. Comme si mon corps m’envoyais des signaux. Cette fois, je crois que je sais ce qui a déclenché ça : je viens de regarder mon agenda google, sur lequel, depuis un moment, M partage son agenda à lui. Depuis quelques jours, il a tout changé et au lieu de me donner la possibilité de voir les détails des événements qu’il note, je ne visualise plus que sa « disponibilité ». Par exemple, je vois que vendredi, il n’est pas disponible de 17h à 18h sur son agenda perso. Nos amis viennent dîner, il faut aller chercher E et un autre enfant à l’Opéra, j’aurais A avec moi, je dois finir mon boulot… Et je ne sais pas ce qu’il fait. Ca a créé une frustration en moi quand j’ai regardé l’agenda tout à l’heure. Je ne m’en suis pas tout de suite rendu compte, je suis passée à une autre fenêtre de firefox et puis je me suis sentie un peu mal et j’ai cherché à comprendre pourquoi et j’ai retrouvé cette frustration ressentie à la vision de l’agenda. C’est le signe d’une nouvelle distance entre nous, qui me déplait, à moi qui aurait tendance à e complaire dans la fusion. Ma névrose me fait interpréter cette modification comme sa volonté de me mettre à l’écart de sa vie privée. Il cherche à me décoller. Je proteste intérieurement contre le procédé mais le sens du geste est probablement bon pour nous. Comme l’idée qu’il m’a exposée vendredi selon laquelle il vaut sortir sans moi un soir par semaine. Moi aussi je passe un soir par semaine sans lui, pour prendre mes cours de danse. Mais lui, ça ne le prive de rien. Là, il voudrait, par exemple, aller au cinéma, c’est à-dire faire seul ce qu’on pourrait faire ensemble mais qu’on ne fait pas. Et ça, ça me rend triste. Encore de la distance. En plus, ça ne me dérangerait pas du tout qu’il prenne une soirée par semaine pour faire une activité à lui, qui ne me prive de rien, comme un sport à lui, une activité perso (il en pratiquait une l’année dernière). Mais un truc qu’on pourrait faire à deux, ça me rend super triste. Et je passe sur le fait qu’il me trouve trop présente à la maison et qu’il me propose de prendre un bureau à l’extérieur pour être plus souvent seul à la maison.

Trop si, trop ça, trop là, trop moi…

Photo

novembre 12, 2008

Je viens de repenser à l’album de ma première grossesse. Il avait pris plein de photos de moi, très tendres, amoureuses. Et là, mon corps de déchire en deux. Je hurlerais à en mourir si j’étais seule. C’est trop dur. Je veux mourir. Je veux disparaître de la surface de la terre.  Il y a des photos où il me regarde amoureux. Ce n’est pas possible qu’on soit à la fin. Ce n’est pas possible, ce n’est pas possible. Mon corps est parcouru de frisson d’épouvante. je vais vomir, crever.

Imaginer…

novembre 7, 2008

…juste un instant le “partage” des choses, de “nos” affaires… Je préfèrerais être morte. Tout laisser. Finir clocharde comme je l’ai toujours craint. Non, je me tuerai avant. Je partirai très loin, en Amérique du sud, en Papouasie, je me tuerai proprement. En le monde m’oubliera gentiment.

Désintégration

novembre 7, 2008

La Chanson d’Hélène n’a jamais été autant d’actualité : “Tu ne m’aimes plus”. Ou seulement parfois et juste un tout petit peu. J’ai l’impression d’avoir été passée au lance-flammes. Ma crainte ultime, le seul et unique motif de désespoir absolu est là en moi, devant moi : “Tu ne m’aimes plus”.

J’écoute, c’est vrai, des musiques triste. Jonasz parle des “traces qu’on laisse derrière nous, comme des baisers, des mots d’amour suspendus”. Les Stones pleurent Angie. Charlélie Couture se moque : “comme si on y croyait”. Moi, j’attends que le médecin me rappelle : il me faut des anti-dépresseurs TOUT DE SUITE. Je veux perdre pied TOUT DE SUITE. Oublier ce gachis total. Oublier que résonne en moi la certitude, désormais, que je ne suis pas “aimable” et que c’est moi qui ai provoqué ce désastre.

A qui pourrais-je parler? Aucune oreille n’est assez grande pour entendre mon hurlement et contenir tout mon désespoir. J’ai envoyé un petit appel à l’aide à Isabelle ma si chère, débordée par toute cette famille…

Cette vie si VAINE ! Comment croire à cette vanité totale? Une vanité totale habitée néanmoins par deux jeunes vies qui n’ont rien demandé à personne, encore moins à la mère irresponsable que je suis. S’ils n’étaient pas là, je ne serais plus là. Cette vie ne m’intéresse pas.