“Je crois”… ou pas
octobre 21, 2011
Il y a tout juste une semaine, nous avons bu un verre et parlé calmement. La relation a redémarré, à bas régime. Samedi matin, éclair de passion. Et depuis, je sentais bien que tu étais là sans l’être… Mes caresses se posaient sans écho. Pas d’écho, c’est ça. Même à bas régime, moi j’étais déjà repartie sur les chemins du bonheur. Pas heureuse mais avec l’espoir de l’être. Mais ce manque d’écho me freinait. Ce matin, collée tout contre toi au moment du réveil. Pas d’écho. J’attends en hurlant intérieurement que que tendes le creux de ton coude à ma tête, comme tu le fais quand il y a de l’écho, justement, quand tu as un “élan” pour moi. Rien. Je te demandes “Est-ce que tu es revenu avec moi?”. Long silence, je perçois ta confusion. Tu souffles un “je crois” : une formule qui dit exactement le contraire de ce qu’elle dit. Comment peu-t-on dire une chose pareille??? Comment peut-on vraiment ne pas SAVOIR, si ça fait oui ou si si ça fait non dans le cœur ou ailleurs??? Ces deux mots prononcés du bout des lèvres m’ont donné un coup de poignard. je me suis sentie m’enfoncer encore plus profond dans la glaise, la mélasse, le goudron.
Une fois les enfants partis, tu as dit que tu ne voulais pas qu’on reparte comme ça, dans une spirale négative. Mais alors que proposes-tu? La pantomime, toujours et encore? Qu’attends-tu de moi pendant ces vacances où je n’aurai aucune échappatoire, tout le temps avec toi, tout le temps avec les enfants, à ne JAMAIS pouvoir HURLER ma douleur? Que je me taise?? Bon dieu que j’ai envie de ne pas partir en Chartreuse !!
Je t’ai dit que je le sentais bien que tu n’étais pas avec moi, quand je pose mes mains sur toi par exemple, que tu ne reçois pas mes caresses, mes gestes tendres. Tu as répondu que si j’en avais envie, “si ça me faisait plaisir” (sic), je pouvais le faire. Consternée, désemparée que tu puisses dire ça, j’ai souligné qu’une relation c’est un échange, ce n’est pas une boutique ou je viens prendre une dose de ci ou de ça pendant que tu penses à autre chose… J’ai dit que depuis qu’on avait parlé, je pensais que nous étions repartis mais que je voyais bien que non. Tu m’as dit que tu ne pouvais pas me dire chaque jour dans quelles dispositions tu es vis-à-vis de moi… Mais faut-il vraiment que je me pose la question TOUS LES PUTAINS DE JOURS, BORDEL DE DIEU !
Comme je rêve à autre chose !! Comme tout cela est éloigné de ce dont j’ai envie et besoin !
Tu m’as proposé de me conduire à mon bureau, car j’étais très chargée (en bagages) et j’ai un pied foireux mais j’ai préféré rester toute seule. je souffre trop en ta présence, face à tout ce que tu pourrais me donner et que tu ne me donnes pas. C’est comme avoir froid, très froid, en présence de quelqu’un qui a un grand manteau de fourrure et dont tu espères constamment qu’il t’en prêtera un petit bout.
Tu m’as prise dans tes bras et embrassée avant de partir mais là, c’est moi qui n’ait pas répondu, j’avais le cœur brisé par cette étreinte dont je n’ai pas compris le sens. Je ne veux plus repartir comme en quarante au moindre petit signe, comme ce “ma chérie” écrit l’autre soir dans un SMS : que veut-il bien dire?? Je NE VEUX PLUS Y CROIRE, je veux arrêter de courir comme un petit chien derrière le fier destrier de mon maître qui galope dans les steppes.
Tu est parti, je me suis écroulée par terre. Je t’ai entendu démarrer la voiture mais tu n’es pas parti tout de suite. Dans ma connerie, je me suis dit : “il est en train de m’écrire un petit mot, il va m’envoyer un message gentil”. Je m’en suis voulue de penser ça mais c’était plus fort que moi. J’ai essayé de ne pas regarder mon téléphone et puis j’ai regardé. Rien, é-vi-dem-ment ! Pavre dinde !
Je pars tout à l’heure en thérapie jusqu’à demain soir. Lui part prend le train demain matin. Ensuite je pars avec les enfants après-demain matin. On ne se reverra donc que dans deux jours, là-bas. Je vais encore devoir serrer les dents, pleurer en silence, donner le change. Attendre que tu me dises quelque chose qui m’aide à comprendre. Et que tu ne diras pas.
JE N’EN PEUX PLUS !!
